Stop aux jugements identitaires- arrêtons d’utiliser le verbe être

 

Je suis nul – il est maladroit – elle est méchante – elle est sans limites – il est con – je suis une victime … …

 

Autant de jugements que nous portons sur les autres ou sur nous-mêmes.

Autant de croyances limitantes que nous rentrons en nous

Autant de comportements que nous cristallisons croyant qu’ils nous constituent, qu’ils sont ce que nous sommes en tant qu’être !!

 

STOP, arrêtons ces accusations dangereuses qui nous empêchent d’évoluer, qui nous empêchent de nous améliorer, qui nous empêchent d’être réellement nous-même.

 

 

Imaginez un instant, un enfant renverse un verre !

 

SITUATION 1 :

 

« Qu’est-ce que tu es maladroit ! « 

Et un peu plus tard dans la journée « Il a renversé son verre, je te jure, c’est un maladroit »

Et le lendemain : « tu fais attention hein, tu sais que tu es maladroit »

Et bam : un verre de renversé

Et ainsi de suite

 

L’adulte, qui se présentera au monde : « je suis un maladroit »

C’est cristallisé en lui, cela devient une part de son identité, donc, comme cela fait partie intégrante de lui, il ne pourra jamais le corriger : on ne corrige pas qui l’on est !!

SITUATION 2 :

 

« Oups, tu as eu un geste maladroit, le verre est par terre »

Un peu plus tard dans la journée « Oui chéri, il a fait un grand geste qui a renversé le verre »

Et le lendemain « Essaye de contrôler tes gestes pour apprendre à ne pas renverser ton verre comme hier s’il te plait »

 

L’enfant dans ce cas-là, n’a pas les éléments pour croire qu’il sera maladroit toute sa vie ! que cela fait partie intime de son fonctionnement et donc, il sait qu’il peut améliorer ce point.

S’il y met un peu de volonté ou de ressources positives, il pourrait même devenir un adulte extrêmement habile.

 

Et ce qui est valable pour les enfants, l’es aussi pour les adultes.

On vous rabâche d’être vous-même pour découvrir la sérénité et la paix.

Mais, autour de vous vous êtes cerné par les jugements identitaires qui vous collent des étiquettes que vous ne pouvez pas corriger si elles vous constituent !!!

 

 

Je vais vous livrer mon exemple personnel : d’abord car je sais ce qu’il a provoqué en moi et aussi car au départ, ce n’était pas un jugement spécialement extrême ni même violent mais les conséquences l’ont étés.

 

LE CONTEXTE :

Après une année particulièrement difficile, j’étais hypertendue, épuisée, dépressive et je venais de perdre tout ce à quoi je tenais (tous ceux plutôt).

Et, une « amie » ma servi sur un plateau le jugement « tu es sans limites », je veux plus te voir et a refusé la discussion qui aurait pu aller avec pour clarifier la distinction entre les comportements concernés et mon identité.

 

LES CONSEQUENCES :

Étant particulièrement sujette à la culpabilité et à la remise en question personnelle.

Comme, en plus, je n’étais clairement pas dans un état psychologique permettant la prise de recul.

 

J’ai reçu l’information que « être sans limites » était considéré comme mon être profond dans sa globalité.

 

Ma première réaction comportementale a donc été de cristalliser ce jugement, je me suis attachée à « être sans limite » : le pot de colle qui emmerde le monde.

 

En parallèle de cela, comme cette accusation liée à mon être n’était pas du tout en lien avec ma réalité profonde, je suis rentrée dans une introspection extrême durant laquelle j’ai entièrement renié mon être : dans sa globalité.

J’ai tout démonté, j’ai tout déstructuré comme un puzzle que l’on jette au sol.

Résultat : j’ai détruit mes ressources positives internes avec !!

J’ai détruit mes comportements positifs avec !!

J’ai perdu tout mon alignement que je venais tout juste de construire grâce à cette même personne d’ailleurs.

Je me suis retrouvée comme une grande coquille vide qui attend patiemment la fin.

 

Car, comme on ne peut pas changer ce que l’on est : si une accusation liée à un comportement vous place une erreur dans votre être ; dans ce cas là, le problème prend une ampleur catastrophique et surtout ne peut pas être résolu, jamais.

 

Et pour retrouver des ressources positives perdues, je vous jure que ce n’est clairement pas une partie de plaisir.

 

LA REALITE :

J’avais effectivement un souci concernant la gestion de la distance, la proxémie, l’intimité durant cette période.

Mais c’était un souci comportemental déclenché par le contexte joint à une petite problématique d’enfance trouvée depuis.

Instinctivement je l’avais d’ailleurs décelé puisque j’avais exprimé à cette époque-là : « je sais ce que je dois faire, mais je n’y parviens pas, j’ai besoin d’aide ».

 

Mais, recevoir un jugement identitaire à la place a déclenché une crise identitaire violente et inutile.

 

 

 

SURVEILLEZ VOS MOTS ET CEUX DES AUTRES :

Quand vous accusez quelqu’un D’ETRE quoique ce soit : vous lui entrer cette accusation dans son être profond !

 

  • Si la personne a la chance de réellement connaitre son identité, cela glissera sur elle donc, les conséquences n’existeront pas.
  • Si la personne fonctionne beaucoup de manière inconsciente, elle risque de prendre ce jugement pour l’intégrer dans son identité : soit il va la cristalliser et la faire sienne, soit, il va la rejeter violemment et en devenir phobique.
  • ET, Si la personne est en pleine évolution avec des sauts de conscience en cours, c’est là que la pire des conséquences va surgir, car il y aura une énorme crise identitaire qui risque de sortir et qui sera sans contrôle et qui sera d’autant plus forte que le lien affectif avec l’accusateur sera fort.

 

 

Les gens ont des comportements qui ne les constituent pas en tant qu’être.

Un même comportement aura des causes et des intentions différentes d’une personne à l’autre.

Alors, ARRETONS de juger les autres en leur collant leur comportement de force dans leur identité.

Nous pouvons très bien pointer un comportement ressenti comme négatif, envahissant, inadéquate ou injuste sans pour autant le cristalliser sur la personne qui l’a effectué.

 

Cela va lui ouvrir la possibilité d’évoluer, de se détacher du comportement pour en trouver les déclencheurs, d’envisager d’autre options comportementales : le tout, sans toucher à leur nature profonde, et même au contraire, en la révélant encore plus.
Et cela lui laisse une chance de vous montrer le meilleur de lui même et préserver ainsi des relations et des interactions saines.

 

 

Arrêtons le verbe être dans nos accusations

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