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Lettre ouverte à mon mental

Bonjour mon mental, mon vieux compagnon.

Tu t’es rempli de mes mémoires d’enfance en m’imposant le choix de gommer l’authentique et le spontané.

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Tu t’es amusé à me faire croire des choses me concernant du fait du comportement des autres, et je l’ai cru ! Endormant ces informations dans ma mémoire oubliée.

Discret, tu glisses dans un coin d’esprit des croyances issues des zones du connu et des certitudes que tu recherches à tout prix.

Je t’avais endormi, dans un coin de mon être : goutant enfin au plaisir du présent et à la joie d’être et d’aimer.

Mais, tu es revenu en fanfare, sortant clairons et trompettes : plaquant devant mon esprit mes pires peurs et angoisses enterrées et tout juste émergées du passé lointain.

Profitant de la fatigue de mon corps, profitant de la perte de mes repères tu as traversé toutes mes vigilances. Tu as joué le lutin qui bondi de sa boite en haut de son petit ressort.

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Tu m’as montré que tu voulais rester le maitre à bord, tu m’as prouvé que tu étais toujours le maitre à bord tant que je reste sur mes croyances de ne pas être aimable et sur mes peurs de perdre ceux que j’aime.

Mental, tu n’es pas un vrai protecteur, mental, tu n’es pas celui qui connait la vérité.

Tu as utilisé ma certitude de ne rien savoir pour me laisser imposer par les « je sais tout ».

Tu as utilisé mes peurs les plus profondes me rendant réactive au comportement fermé de ceux que j’aime.

Tu as utilisé mes vieilles croyances que les « je sais tout « savent vraiment tout.

Tu as utilisé mes vieilles mémoires inconscientes pour me faire réagir aux stimuli externes comme l’enfant que j’étais dans le passé.

Tu mélanges les informations sur l’échelle du temps, mêlant les vieilles histoires passées, les espérances du futur et des bribes du présent et déformant ainsi la réalité en rendant mes actes non justes et inadéquates au contexte du présent.

Tu es un menteur qui empêche la justesse de l’instant.

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Mais tu es ton propre piège, j’y ai vécu mes pires peurs, j’y ai perdu ceux que j’aime : tu es allé bien trop loin, drogué par ta nouvelle liberté toute neuve après ces années vieil endormi, tu as toi-même fabriqué la goutte de trop.

La paix n’est pas dans les certitudes ni dans la sécurité : elle se nourrit dans le creuset de l’incertitude et de la nouveauté permanente du présent.

Je refuse de continuer à te laisser le maitre à mon bord et te nourrir de ces nouvelles mémoires pour m’imposer de nouvelles croyances.

Je ne te combattrais pas car ce n’est pas une guerre, je ne te rendormirais pas car le faire était une erreur, c’est inutile.

Les « je sais tout « ne savent rien du réel, ils utilisent leur mental et sont donc tout aussi menteur que toi. Des menteurs de bonne foi mais qui se mentent à eux même et donc au monde.

Je continue d’aimer du plus profond de mon cœur, même ceux qui ne m’aiment plus, eux même dirigés par leur propre mental. Je reste triste et ils me manquent chaque jour, mais l’amour que je leur porte illumine mon intérieur et me porte vers le haut.

Je suis triste mais profondément en paix depuis que je t’observe sans te croire, juste en observateur : plus de comparaisons, aucun avis, aucun choix aucune aspérité sur laquelle tu pourrais t’accrocher.
Et la joie, pleine et entière y pose quelques racines lors des instants éveillés.

Tu peux faire ce que tu veux mon beau mental, je te laisse t’exprimer : mais c’est mon cœur qui devient le maitre et tu es à son service à partir de maintenant.

Pas la peine de tenter de ruser, je resterais vigilante.
Pas la peine de tenter d’utiliser les émotions aveugles, la colère ou la tristesse : ils me traversent, ils existent mais je leur envoie mon amour comme support sur lequel glisser et s’échapper.

Exprime-toi autant que tu le souhaites, tu n’es pas moi, mon cœur choisira ce qu’il veut retenir en créant dans les actions ce que je désire être; qui je suis.

Je t’écris pour te dire merci, car tu as ton rôle à jouer, mais aussi pour te rappeler que tu n’es pas mon maitre !

Mon cœur et son incertitude est ton guide et pas tes vieilles mémoires usées.

Mon cœur est le pont nécessaire entre toi, mon âme et mon corps : il est le capitaine indispensable et juste.

C’est ainsi et cela doit le rester.

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